dimanche 12 avril 2009

Horloge bio... dégradable

Je devrais travailler, je suis pas capable.

Je pourrais aller me coucher, j'en ai pas envie.

Déjà la fin de la session. C'est drôle, tout va si vite. J'me disais l'autre jour que, si je n'étais jamais partie, je serais probablament encore avec lui.

Je finirais à l'instant même un bac dans une université que j'aimais pas tant. Je serais théoriquement traductrice, ou bien, avec de la chance, j'aurais pu finir mes cours de LSQ et aller faire mon certificat en interprétation visuelle.

Je vendrais encore du linge de sport et des sacs de couchage à des voyageurs qui partiraient aux quatre coins du monde, et avec qui je parlerais pendant des heures de mes voyages en Europe.

Je sortirais pas à Montréal, parce que trop paresseuse de traverser le pont en soirée, et déjà blasée d'avoir passée la semaine dans le métro en direction de Guy-Concordia.

J'irais prendre des marches à l'ile des Moulins, j'écouterais un film le vendredi soir et Tout le monde en parle le dimanche. On irait au biodôme et à l'insectarium, seulement quand il aurait des billets gratuits.

Je continuerais peut-être à danser.

Finalement, je suis bien contente d'être où je suis. Peut-être que mon ancienne future vie n'aurait pas vraiment été comme ça, mais j'aime croire que oui. Ça me permet d'apprécier encore plus ma vie régionale.

Poetry is no place for a heart that's a whore

J'en avais assez d'attendre. Dehors, il faisait de plus en plus froid.

J'avais envie de pisser et, pour faire exprès (ça aurait pas pu tomber une autre fois?), ma cigarette ne semblait pas vouloir se terminer. Je l'ai laissé à Judith, mais elle me l'a échappée dessus en voulant la prendre Elle m'a brulé le doigt, maudite conne.

J'en avait plus qu'assez d'attendre après toi. Je voulais qu'on parte.

Je suis entrée dans le bar. Mes lunettes se sont embuées, je voyais rien. Chaque fois, c'est toujours la même histoire. Je dois les enlever, il fait noir, je suis à moitié aveugle, j'essaie de déboutonner mon manteau sans perdre mon sac à main. C'est toujours à ce moment là qu'un membre de l'Association de cro-magnon recule et me rentre dedans, tout en prenant bien le soin de déverser la moitié de sa bière sur moi. Le pire, c'est qu'il ne s'en est même pas rendu compte. Mais quand j'y pense, j'me dit que c'est préférable à la fois où Jean-François avait essayé d'essuyer mon décolleté avec sa main...

Je réussis tant bien que mal à me frayer un chemin vers les toilettes. J'apperçois derrière la gang, debout sur la table de pool, a essayer de gagner la bouteille de champagne cheap que le DJ veut donner à celle qui aura le moins d'inhibition. J'ai un goût de vomi dans la bouche qui remonte.

Quand je suis arrivée devant toi, y'avait Karine pendue à ton cou, qui te lichait le fond des amygdales. Et toi, tu te laissais faire, parce que t'étaits trop saoul pour t'en rendre compte, parce que tout le monde le faisait autour, pis parce que, dans le fond, c'tait juste un jeu.

Mon envie de pisser a disparu à ce moment-là. J'ai rapidement rebroussé chemin.

J'ai croisé Jean-François en sortant. Il m'a offert de partager un taxi ensemble. Je l'aime pas trop, lui, mais j'aimais encore moins ce bar.
******

J'ai pas dormi de la nuit. À 4 h 47, je me suis levée, j'ai ramassé mes vêtements et me suis rhabillée. Je me sentais sale, je suis partie à pied.

Quand je suis revenue à la maison, tu dormais sur le divan. Tu portais encore ton manteau et tes souliers.... mais y'avait pas de traces de Karine...
Je crois que, finalement, j'aurais du attendre...

mardi 7 avril 2009

You get me

Dis-le-moi. Jure-le-moi.
Fais tout ce qui t'es possible de faire.
Aide-moi à t'oublier, ou du moins, à ne pas penser à toi.
Cesse d'être celui à qui je pense en me couchant, à qui je rêve en dormant.
Cesse d'être celui avec qui j'aimerais me réveiller tous les matins.

Parce que jamais je n'ai été aussi bien. Jamais, je n'ai eu un ami comme toi.
Qui me comprend sans que ne dise un mot. Qui me complète lorsque je les oublie.
Qui reste là, sans que rien ne se passe, simplement parce que j'en ai besoin.
Qui me fait rire avec un rien. Qui sais toujours comment me mettre à l'aise.

L'amitié est un vilain défaut, dans un cas comme le nôtre.

L'inspiration du moment: You get me - Teitur

lundi 9 mars 2009

I've been missing you for so long now...even though you've been away for so little time.

Un autre matin à me réveiller sans toi; un autre matin à me réveiller avec un inconnu.
Jamais le même, mais jamais toi non plus.

Des promesses d'un soir, qui se terminent toujours mal. Chercher ton amour dans les bras d'un autre en espérant me retrouver dans les tiens un jour.

Kept thinking about you today, staring at the phone...as if it would make you call me.

L'inspiration du moment: Poetry and aeroplanes -Teitur

dimanche 1 mars 2009

Quand je pense à toi, y'a...

la chanson de Meatloaf qui joue dans ma tête.

nous, petits, lorsqu'on partageait une cannette de liqueur au raisin.

cet été qu'on avait passé dans le bois, derrière chez le voisin.

les couleuvres qu'on s'amusait à disséquer avec une roche pointue, juste pour voir comment c'était à l'intérieur.

tous les pop sicles mauves qu'on avait mangé, pour le kick d'avoir la langue colorée.

la première fois que tu m'as embrassée, juste pour voir c'était quoi.

la première soirée qu'on a passée ensemble, à la partie de hockey de ton frère.

la deuxième fois que tu m'as embrassée, juste pour me dire que tu m'aimais.

la soirée passée autour du feu, dans le pit de sable, après le bal des finissants.

la dernière nuit qu'on a passée ensemble, avant que tu partes en voyage.

le dernier coup de téléphone, avant que tout s'éteigne.

Quand je pense à toi, y'a toute cette joie, puis, quand j'y pense vraiment, y'a plus rien du tout

L'inspiration du moment: I'd do anything for love - Meatloaf

jeudi 12 février 2009

Amour au café froid

À la table du café, je feignais de ne pas t'attendre, un magazine sous les yeux. Du bout des doigts, je tournais la cuillère dans ma tasse de café, froid depuis trop longtemps. Tu es finalement arrivé, en retard comme à l'habitude. Tes lunettes noires, ton vieux jean, tes cheveux ébouriffés et ton chandail préféré; celui que je t'avais acheté pour ton anniversaire il y a trois ans.

Je ne comprends même pas comment tu as pu, ni comment tu as fait. Je te croyais parti...parti pour de bon... Mais il a fallu que tu reviennes. C'est pas bon pour moi. C'est pas bon pour nous, et tu le sais très bien! Je m'étais enfin remise de cette histoire...je commençais à t'oublier. Et toi, tu arrives en coup de vent, t'assieds à ma table comme si tout était normal et me souris de ton habituel "Salut, tu vas bien?" Tu aurais au moins pu faire semblant d'être un peu tiraillé, que tu avais de la difficulté à venir me voir. Ça m'aurait facilité la vie.

J'essaie de te détester, de te maudire, mais chaque fois, je retombe.

Ce matin, quand tu as quitté, je suis vite retournée dans mon lit. Mes draps sentaient encore ton parfum. C’était un peu bizarre de te retrouver. Après tout ce temps. Tellement de choses se sont produites depuis ton départ; je suis loin d’être celle que tu as connue.

Mais toi, tu n'as pas l'air d'avoir changé... et c'est bien ce qui me désole. Peut-être est-ce qu'on aurait pu faire avancer les choses, tout oublier et recommencer à zéro...mais j'ai bien peur que non.

C'est véritablement fini... alors cesse de me faire penser le contraire...

L'inspiration du moment: Sinon tout va bien - Claudine Muno & the Luna Boots

lundi 8 décembre 2008

la fin d'un monde

Ruminer ses pensées, ça sert pas à grand chose.

Faire une croix, une fois pour toutes, sur le passé.

On le dit souvent, mais quelques fois, on a l'impression de revenir au point de départ.

On court autant qu'on le veut, mais on n'avance pas.

Il arrive qu'on ait le sentiment de se perdre entre temps,

mais en fait, on ne fait que se frayer un chemin.

Faut pas avoir peur d'aller marcher dans la tempête...et de danser!


L'inspiration du moment: The End of the World as we know it -REM

samedi 6 décembre 2008

Métro Rosemont

Assise dans le train du métro, je te regardais nerveusement, cherchant à tout prix quelque chose à dire. Je jouais avec mon porte-feuilles...pour passer le stress j'imagine. Tu y as alors jeté un coup d'oeil. C'est là que tu as vu que ta photo avait changée. Tu n'y étais plus...je te l'avais bien dit; elle est cachée depuis plusieurs mois déjà... Ça t'a fait comme un coup de poing au ventre, je le voyais bien. Moi je commençais à avoir la gorge sèche, j'avais de la difficulté à respirer. Le trajet devenait lourd. Le temps semblait s'étirer, tout comme la distance entre nous.

On est sorti à la station Rosemont, bien avant notre destination. On s'est assis sur un banc et on y est resté pendant une heure. Une très longue heure. Tu voulais comprendre, savoir. Moi j'essayais d'expliquer. Je ne savais pas quoi dire, mis à part que ça ne fonctionnait plus. Je ne savais pas pourquoi, mais je n'étais pas capable de te le dire. Tout ce qui sortait, c'était mes larmes...et les tiennes. Un train est arrivé, mais on est resté sur le banc. Les passants nous observaient du coin de l'oeil. Plusieurs trains ont passés, mais nous restions toujours sur le banc. Je n'avais plus la force de bouger, ni celle de partir.

Je me suis finalement résiliée et suis partie la première. J'ai pris le premier siège près de la fenêtre. Je t'ai fait signe de la main alors que le train se mettait en route. Tu avais ton chandail beige, celui avec la ligne bleue en plein centre. Ce soir-là, c'était la dernière fois que je t'ai vu...
Adieu Sam,
ta Blanche.
L'inspiration du moment: Samson - Regina Spektor

lundi 24 novembre 2008

Home sour-sweet home

" Tu sais que ça fait un mois que j'endure la présence de notre géniteur TOUT SEUL! "

C'est quand ton petit frère te dit ça, que tu réalises que ça fait un bout que t'as pas vu la maison...

"Tu sais, dans le temps des fêtes, on dit: "Si t'es trop saoul prends pas ton char, prends le bus." C'est pas correct ça...si t,es trop saoul pour conduire un char...tu devrais pas conduire un bus me semble..."

C'est quand le géniteur en question te dit ça, que tu comprends pourquoi ça fait un bout que t'es pas allé à la maison...


L'inspiration du moment: Sweet Home Chicago - The Blues Brothers

lundi 17 novembre 2008

Les voisins copulent et moi je pense à toi

Novembre, c'est le mois qui devrait pas exister.

Novembre, c'est mort. C'est froid. C'est noir. Ça brise mon moral.

Ce matin, des grattements dans le murs de ma chambre m'ont réveillée. C'était les voisins. Habituellement, ce grattage-là, c'est leur grattage de soir. Faut croire qu'ils étaient en forme ce matin. J'ai collé mon oreille contre le mur. Je voulais pas écouter, j'étais juste curieuse. Je sais pas pourquoi d'ailleur...disons que c'est pas dans ma nature. C'était juste drôle d'imaginer le voisin sur la voisine, avec sa face de poisson frit à lui, et sa face de lapin à elle. Quel zoo ça doit être! Le grattage a continué, je me suis lassée après une minute.

Je me suis levée pour faire un peu de ménage. C'était Kaboul dans ma chambre. En rangeant mes vêtements d'hier, j'ai apperçu ton crayon. Il était posé sur le coin de la commode, à la même place où tu l'avais laissé. Ça fait déjà 3 semaines qu'il y est. C'était le soir où tu étais venu souper à la maison. On avait mangé du spaghetti, rien de très exceptionnel, puis on avait écouté un film. J'avais posé la tête sur tes cuisses, tu me flattais les cheveux. La même mèche durant une heure. J'étais si bien...je crois même que je m'étais endormie. Puis on était allé se coucher. J'avais une main agripée à tes cheveux, tu me regardais dormir. C'était en octobre. Quand les feuilles étaient couleur cerise et cassonnade. Quand je m'emmitouflais dans mon foulard bleu.

Le grattage a cessé lorsque j'ai fermé le tiroir de chaussettes.

Maintenant c'est novembre.
J'attends encore que tu reviennes chercher ton crayon...

Les voisins copulaient...et moi je pensais à toi.
L'inspiration du moment: Sideways -Citizen Cope

jeudi 13 novembre 2008

Missing you...but not that much after all

Y'a une photo de toi dans ma chambre. Je l'ai cachée derrière celle de Céline et Thierry. Celle dans le cadre bleu. J'aurais pas dû la garder, je sais, mais j'étais pas capable de m'en débarasser. Ça fait un bout qu'elle est là... j'osais pas la regarder. J'avais presque réussi à oublier qu'elle était là. Mais la semaine passée, Martine a fait du ménage dans ma chambre. Elle a vu ta photo et elle me l'a montré. Moi je savais pas quoi dire, je savais pas quoi faire. J'ai figée, j'ai juste figée. J'me suis assise sur la chaise de la cuisine, puis j'me suis mise à pleurer. Mais j'ai pas pleuré beaucoup là...juste un peu. Juste assez pour que je me rappelle toi et moi.

Puis après, juste quelques minutes après, j'ai arrêté d'un coup sec. On dirait que je me souvenais plus de rien. J'avais une image de toi, j'avais une image de moi, mais c'était tout. J'avais oublié tout le reste. Le début était vague, le milieu était mort... y'avait juste la fin qui était encore un peu dans ma tête. Mais j'me rappelle plus comment on en était arrivé là.

Tout à l'heure, j'ai pris ta photo dans mes mains. Je l'ai regardé longtemps. Je t'ai fixé jusqu'à temps que ton visage devienne embrouillé, jusqu'à temps que tu ne veuilles plus rien dire pour moi. Puis à ce moment là, à ce moment précis, j'ai souris. Pour de vrai. Un vrai sourire, qui vient du fond de mon ventre. Un sourire qui me rends légère, qui me donne envie de voler.

Je n'ai plus besoin de toi.

mardi 28 octobre 2008

I get by with a little help from my friends

Je suis lâche.
Je suis mou.
J'ai peur de tout. J'ai peur d'avancer, de confronter l'inconnu.
La moindre embûche m'écoeure, je sais pus comment agir, je sais pus comment penser.
Je suis pas capable de prendre une décision par moi-même, j'ai toujours besoin de l'avis des autres.
Je suis pas capable de faire quelque chose de nouveau seul. La solitude m'effraie.
Je jalouse à rien. Ça me fait chier que tu sois heureux, quand ma vie va mal. Fa'que j'suis bête, parce que j'ai pas envie de te parler. Je deviens grognon, pi j'me renferme.

Si j'étais une femme, je ferais passer ça sur mon SPM.

C'est Guy qui avait raison: "On a juste une vie à vivre! Aie pas peur, pis fonce!"

Mais moi j'ai tout le temps peur. Fa'que je fais rien, j'attends qu'un miracle se produise. Pis un jour, ben mon miracle est arrivé, mais y'é r'partit ben trop d'bonne heure. Y m'a laissé tout seul encore. Si c'est pas un signe pour me dire que ça sert à rien d'essayer, ben je sais pas c'est quoi! J,espère qui va revenir un jour.

D'ici là...j'attends.

Salut là!
Léo